L'aube du silence - Les poèmes de Pierre Casanova
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L’aube du silence

L’aube était triste en ce jour venteux et pluvieux.
L’homme remonta le col de son caban déjà vieux.
La pluie, le vent, rien ne pouvait arrêter ce monsieur.
Le temps ne l’ayant pas épargné, il marchait dédaigneux.

 

De sa stature courbée, il avançait nonchalant, un peu hasardeux.
Les boutiques allumées reflétaient la beauté par ce jour tumultueux.
Il se dirigeait vers le port pour voir le départ de ces bateaux merveilleux.
Dans son cœur il rêvait de partir loin dans un océan de splendeurs.

 

Pourquoi toujours avancer ? Que rechercher ? Un moment de bonheur ?
Ne pourrait-on pas, ne serait-ce qu’un instant, rebrousser le chemin seul ?
Revoir ces moments de gaieté, où il n’y avait parfois que douceur…
Réparer quelques erreurs, dire des « je t’aime » plus souvent avec chaleur !

 

La vie est ainsi faite, me direz-vous ! Le bonheur est souvent en arrière.
Nous n’avons pas le choix ! Il faut aller de l’avant en essayant de mieux faire.
Les bateaux étaient là, prêts à naviguer vers un horizon exemplaire.
L’homme s’arrêta, imagina d’un regard langoureux et ferma les yeux.

 

En un éclair il revit son destin, comprit ses illusions avec chagrin.
La sirène du bateau en partance hurlait. Comme tous les jours, il avait raté
Le départ de sa propre volonté et comprit qu’il avait fini par se résigner.
Il rebroussa son chemin, vogua hasardeusement vers son destin.

 

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